J’ai eu un rapport sexuel non protégé: que dois-je faire ?

J’ai eu un rapport sexuel non protégé: que dois-je faire ? Bien que la majorité d’entre nous connaissent les risques qu’entraînent des rapports sexuels non protégés, de nombreuses personnes ont des relations sexuelles sans protection. Une étude publiée en 2014 a révélé que près d’un étudiant sur trois ne se protège pas lorsqu’il a des rapport sexuel.

Il y a notamment une idée reçue chez de nombreux jeunes selon laquelle les Infections Sexuellement Transmissibles (IST) sont moins fréquentes que dans le passé. Pourtant, les chiffres officiels montrent une recrudescence de certaines IST dans la population. Des maladies comme la syphilis, qui semblait avoir totalement disparu, touchent de plus en plus de personnes. Quant à la chlamydia, infection sexuellement transmissible la plus fréquente en France, elle continue d’augmenter depuis les années 2000. Le nombre de personnes contaminées par la chlamydia a augmenté depuis plusieurs années pour toucher environ 10% des femmes de 18 à 25 ans en France.

Le sexe sans protection est un contributeur indéniable à l’augmentation du nombre d’IST en France. Un accès facilité aux traitements médicaux et des comportements sociaux plus relâchés peuvent en partie expliquer pourquoi les personnes ayant plusieurs partenaires sexuels ne se protègent pas automatiquement.

La majorité de la documentation sur le sujet est à but préventif: elle donne les bons conseils pour éviter tout contamination avant l’acte sexuel.

Cependant, il est beaucoup plus difficile de trouver des conseils pertinents sur ce qu’il faut faire après avoir eu un rapport sexuel non protégé.

Pour les personnes souhaitant se protéger du risque d’IST et d’infections urinaires, réduire le risque de contaminer une autre personne ou de tomber enceinte, vous trouverez ci-dessous un guide récapitulant les mesures à suivre dans les prochaines minutes, jours et semaines qui suivent un rapport sexuel non protégé:

Immédiatement après un rapport sexuel non protégé…
Aller aux toilettes.
Les infections urinaires peuvent apparaître chez les deux sexes. Mais les femmes sont plus confrontées que les hommes par ce type d’infections. On considère que 8 infections urinaires sur 10 développées par une femme se produisent 24 heures après un rapport sexuel. Se rendre aux toilettes juste après un rapport sexuel permet d’éliminer les bactéries logées dans l’urètre et de réduire le risque d’infection.

Pendant les 24-48 heures qui suivent un rapport sexuel non protégé…
Avez-vous besoin d’une contraception d’urgence?
Si dans les dernières semaines précédant le rapport sexuel vous avez pris votre pilule contraceptive régulièrement et sans interruption, le risque de tomber enceinte est minime et il n’est pas nécessaire de prendre une contraception d’urgence.

Si vous ne prenez pas de contraception hormonale, la probabilité de tomber enceinte augmente grandement. Dans de tels cas, il est recommandé de prendre la pilule du lendemain.

L’efficacité de cette contraception d’urgence dépendra de la rapidité à laquelle vous la prenez. Plus la pilule du lendemain est prise tôt, plus son efficacité sera importante.

Upostelle et Levonelle, deux pilules du lendemain, contiennent du lévonorgestrel et doivent être avalées dans les 72 heures qui suivent le rapport sexuel (ces médicaments ne peuvent pas être pris après ce délai). Ils sont à leur efficacité maximale lorsque ces comprimés sont pris 12 heures après l’acte sexuel. Leur taux d’efficacité est de 84%.

EllaOne est un traitement légèrement différent puisqu’il a une durée d’efficacité de 120 heures (maximum) et fonctionne dans 95% des cas.

Si vous pensez avoir été exposé au VIH, consultez immédiatement un professionnel de santé.
Si votre partenaire vous annonce qu’il a le VIH ou si vous avez eu un rapport sexuel avec une personne ayant cette maladie, consultez votre médecin ou rendez-vous auprès d’un centre d’aide aussi rapidement que possible. Les personnes ayant été potentiellement exposées à ce virus pourront se voir prescrire un PEP (prophylaxie après exposition) immédiatement après avoir été exposé au virus.

Consultez un docteur si vous remarquez des symptômes inhabituels.
Nous avons déjà évoqué le fait que de nombreuses IST comme la gonorrhée ou la chlamydia n’engendrent pas forcément de symptômes. C’est pour cette raison qu’il est crucial d’effectuer régulièrement des tests si vous pensez avoir été exposé.

Cependant, cette catégorie d’infections bactériennes se développent en quelques jours ou en quelques semaines. Alors que les symptômes des infections urinaires, de la vaginose bactérienne et des infections fongiques se manifestent beaucoup plus rapidement. Ainsi, si vous remarquez un changement de vos sécrétions (ou chez les hommes, l’apparition de toute sécrétion), des irritations ou une certaine douleur au moment d’uriner, cela peut être le signe d’une infection. En cas de doute, consultez dès que possible un docteur.

Pendant la semaine qui suit un rapport sexuel non protégé…
Faire un test pour les IST.
Comme mentionné ci-dessus, certaines IST sont asymptomatiques. Il est donc primordial de vous rendre chez votre médecin généraliste ou dans un centre dans les 7 jours qui suivent un rapport sans protection, afin de déterminer si vous avez contracté une infection.

Si la présence d’une infection bactérienne est constatée, le médecin vous prescrira sans doute un traitement antibiotique. Par la suite, il sera nécessaire d’effectuer de nouveaux tests afin de s’assurer que le médicament a éliminé l’infection. Généralement ce test aura lieu deux semaines après la prescription du médicament.

Il est indispensable d’éviter toute relation sexuelle jusqu’à ce que vous ayez la confirmation que l’IST ait disparu. Cette précaution vous permettra de ne pas contaminer votre partenaire.

Si vous notez des lésions génitales, consultez un médecin.
L’herpès ne se traduit pas toujours par l’apparition de symptômes visibles; un nombre important des personnes contaminées par le VHS ne développeront jamais de vésicules ou de plaies. Les patients concernés par les symptômes observeront leur apparition 5 à 10 jours après avoir été contaminés. Si vous pensez avoir été exposé au virus de l’herpès, consultez votre médecin afin qu’il vous prescrive un traitement antiviral, dont de l’Aciclovir ou du Valtrex.

Après un retard de règles…
Effectuez un test de grossesse.
Il est recommandé d’attendre un jour après la date prévue de vos règles pour effectuer un test de grossesse valable. Plus précisément, si vous ne connaissez pas la date précise de vos prochaines menstruations, il est conseillé d’attendre au moins trois semaines après le rapport sexuel non protégé pour effectuer un test.

Aujourd’hui, la majorité des tests à faire chez soi ont un taux d’efficacité très élevé (99% pour la plupart d’entre eux). Mais pour ne pas avoir de doute, nous vous conseillons de consulter votre médecin généraliste afin qu’il puisse vous confirmer si vous êtes enceinte ou non (test sanguin).

3 à 6 mois qui suivent un rapport sexuel non protégé…
Effectuez un autre test pour les IST.
Alors que la chlamydia et la gonorrhée peuvent être diagnostiquées quelques jours après la contamination, il peut y avoir un délai de 6 semaines maximum avant que la syphilis et l’hépatite B ne se développent dans le corps. 3 mois pour le VIH. Si vous avez des rapports sexuels non protégés réguliers, il est donc important d’être testé plusieurs fois par an. Cette précaution concerne aussi les personnes ayant eu un rapport sexuel non protégé exceptionnel.

L’importance de se protéger
Lorsqu’on est sexuellement actif, avoir des pratiques sûres est indispensable. Les préservatifs peuvent prévenir de plusieurs IST, limiter le risque d’infections urinaires et réduire significativement la probabilité de tomber enceinte. Encore une fois, si vous êtes sexuellement actif et que vous avez plus d’un partenaire sexuel, le port du préservatif est indispensable.

Ne vous précipitez pas. Prenez toujours une minute pour penser à vos options. Si vous avez un préservatif, utilisez-le. Si vous ou votre partenaire n’avez pas de protection, souvenez-vous que d’autres pratiques sexuelles que la pénétration constituent un risque moins élevé.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici