Le journaliste et ancien chef de RFI, Etienne Mougeotte est mort
Le journaliste et ancien chef de RFI, Etienne Mougeotte est mort

Le journaliste et ancien chef de RFI, Etienne Mougeotte est mort. La presse française et internationale est en deuil. L’ancien patron d’Europe 1, du « Journal du dimanche » et du « Figaro » a dirigé les programmes de TF1 de 1987 à 2007. Il est mort jeudi 7 octobre, à Paris, à l’âge de 81 ans.

Journaliste, patron de presse, directeur des programmes. Mais aussi homme d’influence. Etienne Mougeotte, est mort jeudi 7 octobre, à Paris, à l’âge de 81 ans, a appris Le Monde auprès de son entourage, confirmant une information d’Europe 1. Il aura, au cours de sa longue carrière, multiplié les expériences. Et avoir eu le plaisir de diriger ce qui était à l’époque la première radio de France (Europe 1), le premier magazine de presse écrite (Télé 7 Jours) et surtout, durant une vingtaine d’années, les programmes de la première chaîne de télévision en Europe (TF1).

L’homme à la grande silhouette encaisse les coups sans se lancer inconsidérément dans l’arène. C’est un taiseux souriant. « Il se protège, tel un sphynx », disait de lui l’un de ses proches. Au fil de son parcours, il aura aussi veillé, avec des succès mitigés, à ne pas trop froisser ses puissants patrons, qu’il s’agisse de Jean-Luc Lagardère, Francis et Martin Bouygues ou Serge Dassault.

« Raconter le dessous des cartes »
Rapide, gros travailleur et petit dormeur, humant l’air du temps avec délectation, Etienne Mougeotte a fait carrière dans un domaine qui n’était pas vraiment dans les radars de ce fils de cheminot, né le 1er mars 1940 à La Rochefoucauld (Charente). Diplômé de Sciences Po, le jeune Mougeotte rêvait de faire l’ENA, pas de tâter du journalisme. C’est en tant que vice-président de l’UNEF, célèbre syndicat étudiant, qu’il prendra goût à l’information, au sens large. « J’ai vu, des coulisses, les petites et grandes manœuvres d’un gros appareil syndical. Et de ce jour, je me suis dit : “Tu ne feras jamais de politique !” A l’inverse, il faut que tu deviennes journaliste. Pour raconter le dessous des cartes », racontait-il à L’Express en 2004. De grand journaliste, Mougeotte devient alors directeur d’antenne. Son flair est légendaire pour trouver les meilleurs programmes qui feront les plus grosses audiences ou les meilleurs présentateurs comme Jean-Pierre Pernaut. Son arrivée à TF 1 est rocambolesque. À l’époque, toutes les stars de la Une de service public avaient filé sur la 5 de Silvio Berlusconi : Stéphane Collaro, Patrick Sabatier, Patrick Sébastien… Il n’y a plus aucune vedette. Il décide de miser sur Jean-Pierre Foucault, alors animateur sur Antenne 2 et RMC. Ils lancent « Sacré Soirée », qui sera le premier carton d’une chaîne qui dominera le paysage audiovisuel pendant 20 ans avec plus de 40 % de part de marché. La chaîne est florissante, prospère. Elle attirera les meilleurs : PPDA, Claire Chazal, Nicolas Hulot (« Ushuaia »), Christophe Dechavanne ( « Ciel mon mardi »), les Enfoirés, Dorothée, Jacques Pradel, et même un temps Michel Drucker. Mougeotte lance aussi TF 1 dans la télé réalité avec « la Star Academy » de Nikos Aliagas, après « Loft Story » de M 6.

Tout n’a pourtant pas été facile pour lui. Proche de la droite, il a été limogé d’Europe 1 puis du Journal du dimanche sur ordre de François Mitterrand. Une époque où le pouvoir avait une influence et des exigences aujourd’hui disparues.

Mougeotte a aussi connu la maladie très tôt. À peine arrivé sur TF 1, on lui découvre un cancer des amygdales. Il fumait plus de 12 pipes par jour. Il n’a alors que 47 ans. Il cachera sa maladie en dirigeant TF 1 comme si de rien n’était aux côtés de Patrick Le Lay. Le vendredi, il disparaissait pour subir son traitement, avait un peu perdu ses cheveux. Il décide alors de se faire faire une perruque. Un jour qu’il croise Bernard Tapie, alors actionnaire de TF 1, ce dernier avec sa gouaille lui demande de ses nouvelles. « Très bien » crâne Mougeotte. « OK, lui répond Tapie, mais si je peux te donner un conseil, change de coiffeur ! » Ils ont disparu tous les deux la même semaine de la même maladie…

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici