Le Mali remet en liberté plus de 100 Jihadistes pour obtenir la libération de Soumaila Cissé

Le Mali remet en liberté plus de 100 Jihadistes pour obtenir la libération de Soumaila Cissé. Le Mali, frappé par l’insurrection, a libéré plus de 100 djihadistes présumés ou condamnés pour obtenir la libération d’un haut responsable politique et d’un travailleur caritatif français, ont annoncé lundi des sources proches des pourparlers.

Il s’agit d’une rare libération massive de prisonniers dans ce fragile pays d’Afrique de l’Ouest, qui est aux prises avec une insurrection islamiste de huit ans qui a fait des milliers de morts.

Soumaila Cissé, ancien chef de l’opposition et triple candidat à la présidentielle, a été enlevé le 25 mars alors qu’il faisait campagne dans sa région natale de Niafounke avant les élections législatives.

Sophie Petronin, une travailleuse caritative française, a été enlevée par des hommes armés le 24 décembre 2016, dans la ville de Gao, au nord du pays. Elle est actuellement la dernière ressortissante française prise en otage dans le monde.

La dernière vidéo dans laquelle Petronin est apparue a été reçue en juin 2018. Elle semblait fatiguée et émaciée, et a fait appel au président français Emmanuel Macron.

Dans une autre vidéo, en novembre 2018, dans laquelle elle n’est pas apparue, ses ravisseurs ont déclaré que sa santé s’était détériorée.

« Dans le cadre des négociations pour obtenir la libération de Soumaila Cissé et Sophie Petronin, plus d’une centaine de prisonniers djihadistes ont été libérés ce week-end », a déclaré à l’AFP l’un des responsables des négociations, qui a demandé à ne pas être nommé.

Un responsable des services de sécurité a confirmé l’information.

Les prisonniers ont été libérés dans la région centrale de Niono et à Tessalit dans le nord après leur arrivée par avion, a indiqué le responsable.

Un législateur de Tessalit, qui a également demandé l’anonymat, a confirmé à l’AFP qu’un «grand nombre de prisonniers djihadistes» y sont arrivés dimanche.

Les autorités maliennes soupçonnent qu’un groupe lié à Al-Qaïda, dirigé par Amadou Koufa et actif dans le centre du pays, a organisé les enlèvements.

La libération est venue avec un gouvernement intérimaire qui devait gouverner le Mali pendant 18 mois avant la tenue d’élections après qu’une junte militaire a renversé le président Ibrahim Boubacar Keita en août.

L’enlèvement de l’ancien chef de l’opposition Cissé a été l’un des facteurs qui ont alimenté les manifestations populaires qui ont conduit à l’éviction de Keita en raison de son incapacité perçue à lutter contre les djihadistes et l’insurrection islamiste.

– Pourparlers secrets –

Malgré la nomination d’un chef civil à la tête de la transition – ce que la junte a accepté après une pression internationale soutenue – l’armée aura son mot à dire dans la gestion du gouvernement intérimaire.

Des pans du pays tentaculaire restent hors du contrôle du gouvernement © AFP / File / STRINGER

Les voisins du Mali sans littoral ont adopté une ligne dure avec la junte, craignant que la nation fragile de quelque 19 millions d’habitants puisse sombrer dans le chaos.

Des pans de la nation vaste et aride échappent déjà au contrôle du gouvernement, en raison d’une insurrection djihadiste meurtrière qui a éclaté pour la première fois en 2012.

L’insurrection a également enflammé les tensions ethniques.

Keita s’était officiellement opposé aux négociations avec les groupes djihadistes mais son gouvernement a entamé des pourparlers avec certains d’entre eux en février.

Des négociations secrètes sont en cours pour la libération de certains otages et pour un cessez-le-feu, selon des sources.

La junte militaire n’a pas fermé la porte aux négociations avec les djihadistes et s’est également engagée à obtenir la libération de Cissé.

L’ancien dirigeant colonial du Mali, la France, a 5100 soldats déployés dans la région du Sahel dans le cadre de son opération anti-jihadiste Barkhane.

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