Le tueur du prof après son acte: « J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Mouhammad »

Le tueur du prof après son acte: « J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Mouhammad ». Le message de revendication publié sur Twitter avec la photo du professeur d’histoire décapité a été publié sur un compte appartenant bien à l’agresseur abattu par la police, Abdoullakh Abouyezidvitch A., a indiqué le procureur national antiterroriste, samedi 17 octobre.

« Les investigations ont pu confirmer qu’il s’agissait bien d’un compte appartenant à l’auteur des faits », a déclaré Jean-François Ricard lors d’une conférence de presse. La première exploitation du téléphone de l’agresseur « a permis de retrouver dans le bloc-notes le texte de la revendication, enregistré à 12 h 17 ainsi que la photographie de la victime décédée horodatée à 16 h 57 », a-t-il ajouté.

L’homme a assassiné vendredi Samuel Paty, un professeur d’histoire-géographie, près du collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). L’enseignant avait montré à ses élèves la semaine précédente une caricature de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression.

Le procureur a notamment cité un des tweets posté peu après l’attentat par le jeune russe tchétchène de 18 ans :

« J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Mouhammad »
Plusieurs armes
L’homme était armé. Il a été abattu par des policiers alors qu’il « courait dans leur direction en tirant à cinq reprises avec une arme de poing », a expliqué le procureur.

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Selon son récit, trois policiers ont riposté, entraînant la chute de l’assaillant. « Alors qu’il tentait de se relever et de donner des coups de couteau aux policiers, il était neutralisé par les forces de l’ordre », a-t-il raconté, indiquant que son corps présentait « neuf impacts » de balle.

Les policiers ont retrouvé sur lui « un couteau de type poignard, une arme de poing de type Airsoft et cinq cartouches de gaz compatibles avec cette arme ».

Par ailleurs, « un second couteau d’une longueur totale de 35 centimètres, ensanglanté, était découvert à une trentaine de mètres du lieu du crime », a indiqué Jean-François Ricard.

Titre de séjour
« Né le 12 mars 2002 à Moscou en Russie », Abdoullakh A. bénéficiait du statut de réfugié. Il habitait à Evreux (Eure) et avait un titre de séjour délivré le 4 mars dernier, valable jusqu’en mars 2030. « Il était inconnu des services de renseignements sur un plan judiciaire ». « Il n’a jamais été condamné tout en étant connu pour des affaires de dégradation de biens publics et de violences en réunion, alors qu’il était encore mineur », a précisé le procureur.

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Le tueur, qui se trouvait aux abords du collège vendredi après-midi, s’est fait désigner le professeur, toujours selon le procureur :

« Selon les premiers témoignages, l’auteur des faits se trouvait devant le collège dans l’après-midi et avait sollicité des élèves afin qu’ils lui désignent la future victime. »

Questions sur le rôle d’un parent d’élève
Neuf personnes étaient en garde à vue samedi. Parmi elles, figure le père d’une élève du professeur décapité, qui avait notamment réclamé son renvoi sur les réseaux sociaux. « La demi-sœur de cet homme avait rejoint l’organisation Etat islamique en 2014 en Syrie et elle fait, à ce titre, l’objet d’un mandat de recherche par un juge d’instruction antiterroriste », a précisé le procureur.

Il a aussi indiqué que le cours donné par Samuel Paty sur la liberté d’expression avait eu lieu la semaine dernière et avait aussitôt donné lieu aux protestations du père.

« Dès le 7 octobre au soir, le père d’une des élèves publiait sur son compte Facebook un récit des faits faisant état de la diffusion d’une image du prophète nu et appelait à la mobilisation contre le professeur. »
Le lendemain, le père a été reçu, « accompagné d’un second individu », par la responsable de l’établissement.

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« Les deux hommes exigeaient avec virulence le renvoi du professeur », précise le procureur.
Par la suite, la principale du collège a reçu « des appels menaçants ».

Un islamiste en garde à vue
L’identité du second individu a été dévoilée samedi en fin de journée par une source proche du dossier. Il s’agit d’un militant islamiste très actif, Abdelhakim Sefrioui. Celui-ci a été interpellé samedi à Evry avec sa compagne.

Membre d’une structure qui s’auto-qualifie de « Conseil des imams de France », Abdelhakim Sefrioui est présenté comme un des meneurs de la contestation visant le professeur d’histoire. Il apparaît notamment dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux et dans lequel il qualifie l’enseignant de « voyou ». « Si jamais on accepte ça, demain on arrivera peut-être à ce qui s’est passé à Srebrenica, ce qui s’est passé en Yougoslavie », y déclare-t-il, n’hésitant pas à dresser un parallèle avec le massacre des bosniaques musulmans.

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