Les parents de Victorine Dartois ont témoigné leur peine

Les parents de Victorine Dartois ont témoigné leur peine. « J’ai pleuré quatre fois dans ma vie, à chaque naissance et là, une cinquième fois » a déclaré à l’assistance le père de la jeune fille, James Dartois. Son épouse, Sylvie, s’est exprimée lors de la cérémonie religieuse : « tes rires communicatifs, tes câlins, ta voix, ton regard si bleu et si doux, ma petite fille, je suis très fière de ce que tu étais. Tu étais une belle personne, pure, une confidente, une sœur extraordinaire. Tu parlais de ta foi, du Seigneur que tu priais beaucoup, tu puisais ta force en Lui. Tu laisses à celles et ceux qui t’ont aimée, connue ou pas, une tendresse particulière par ta douceur et l’amour qui émanait de toi. Je t’aime ma petite fille. Veille sur nous. »

Victorine Dartois, 18 ans, a été retrouvée morte dans un ruisseau de Villefontaine lundi 28 septembre. Son décès a suscité une vive émotion en France, mais aussi dans sa commune.
Les obsèques de Victorine ont eu lieu mercredi 7 octobre à 14h30, à l’église Saint-Jean-Baptiste de Bourgoin-Jallieu. La police nationale, la police municipale et des agents de sécurité privés ont veillé au respect du dispositif précis mis en place par les autorités locales. Selon le décompte des forces de l’ordre à la fin de la cérémonie, 600 personnes étaient présentes à l’extérieur de l’édifice, et 300 à l’intérieur. Des livrets de condoléances étaient mis à disposition. Le cercueil blanc était sur un parterre de pétales de fleurs qui formaient un cœur rose sur un fond blanc. La famille Dartois s’est exprimée lors de la cérémonie qui a été diffusée sur un écran géant. « J’ai pleuré quatre fois dans ma vie, à chaque naissance et là, une cinquième fois », a précisé à l’assistance James Dartois, le père de Victorine. La jeune fille va être inhumée dans la plus stricte intimité.

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Lundi 5 octobre, une courte conférence de presse a été notamment tenue par le procureur de la République de Grenoble Éric Vaillant, afin de faire un point sur « la poursuite des investigations dans l’enquête relative au décès de Victorine Dartois ». La fin de l’enquête de flagrance a été annoncée. Le procureur de la République adjoint de Grenoble Boris Duffau a indiqué qu’une information judiciaire contre X avait été ouverte afin de poursuivre les investigations dans un cadre juridique. « Les qualifications pénales retenues sont l’enlèvement, la séquestration […] mais également le crime de meurtre », selon le magistrat.
Trois juges d’instruction ont été désignés « en raison de la gravité des faits et de la complexité de l’affaire ». Une cellule d’enquête dénommée HomRoche – pour « homicide à Roche » – a aussi été créée avec des moyens financiers supplémentaires « assurés directement par Paris » a déclaré Boris Duffau. Dix enquêteurs se consacrent entièrement à cette affaire jusqu’à sa résolution. « C’est une mobilisation qui est très, très importante » selon Kelly Monteiro, l’avocate de la famille de la victime, au micro de France Bleu. Elle a ajouté qu’ »il [était] inenvisageable que ce crime reste impuni ».
Les enquêteurs effectuent par ailleurs un travail d’exploitation des images de vidéosurveillance et des données de téléphonie. Des prélèvements ont aussi été faits sur le lieu du crime, le corps de la victime, ses vêtements et effets personnels. Ils sont analysés par des experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie (IRCGN). Selon le Parisien, trois types d’analyses sont en cours : la recherche d’ADN, celle des empreintes digitales, et celle qui cherche à faire apparaitre des éléments pileux ou des fibres. L’eau de la rivière est aussi analysée afin d’établir, avec certitude, le lieu de la noyade de Victorine. Éric Vaillant n’a pas donné plus de détails sur l’avancée de l’enquête : « nous sommes obligés donc de conserver une phase secrète à ces investigations pour en garantir le bon résultat ».
Les enquêteurs n’ont pas réussi à déterminer l’heure du décès de Victorine lors de l’autopsie selon le procureur de Grenoble. Le rapport d’autopsie effectué la semaine dernière évoque « une mort par noyade avec intervention d’un tiers en raison de multiples ecchymoses internes retrouvées sur le corps de la victime », a annoncé le procureur adjoint Boris Duffau. Une « pression sur les épaules » serait étudiée. À ce stade, « aucune trace de violence sexuelle n’a été constatée », mais « il n’est pas pour autant possible à ce stade de l’enquête d’écarter cette hypothèse ».

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