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Les pays riches promettent une aide au Liban, mais exigent des réformes

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Les pays riches promettent une aide au Liban, mais exigent des réformes

Les pays riches promettent une aide au Liban, mais exigent des réformes. Les donateurs internationaux ont promis un quart de milliard d’euros d’aide au Liban cinq jours après l’explosion qui a dévasté une partie de Beyrouth.

Mais un sommet des donateurs en ligne organisé par la France a appelé en même temps à des réformes.

L’explosion dans un entrepôt contenant plus de 2 000 tonnes de nitrate d’ammonium a focalisé l’indignation locale sur la corruption et l’incompétence perçues du gouvernement.

Des affrontements ont éclaté pour une deuxième journée consécutive à Beyrouth.

Des jeunes appelant le gouvernement à démissionner ont lancé des projectiles sur la police et les magasins du centre de Beyrouth, et les manifestants ont tenté de prendre d’assaut des barricades bloquant l’accès au bâtiment du parlement. Un incendie s’est déclaré sur les lieux.

La police en tenue anti-émeute a utilisé des gaz lacrymogènes alors que l’obscurité tombait, faisant écho à des scènes similaires lors des manifestations de samedi.

Quinze dirigeants du gouvernement au sommet des donateurs, dirigé par le président français Emmanuel Macron, ont promis “des ressources importantes”, selon un communiqué.

“L’aide doit être opportune, suffisante et conforme aux besoins du peuple libanais”, a-t-il dit, ajoutant que l’aide doit être “directement apportée à la population libanaise, avec la plus grande efficacité et transparence”.

Les bailleurs de fonds étaient prêts à aider la reprise à long terme du Liban si le gouvernement écoutait les changements exigés par les citoyens du pays, selon le communiqué.

Le bureau du président Macron a déclaré que la France avait reçu des promesses d’une valeur de 252,7 millions d’euros (297 millions de dollars, 227 millions de livres sterling) du sommet.

Les responsables estiment que l’explosion a causé jusqu’à 15 milliards de dollars (11,5 milliards de livres sterling) de dommages.

Il a fait au moins 158 morts, 6 000 blessés et 300 000 sans-abri. Il est apparu que le nitrate d’ammonium avait été laissé à l’entrepôt du port pendant six ans malgré les avertissements répétés qu’il était dangereux.


Le Liban est au milieu de sa pire crise économique depuis la guerre civile de 1975-1990, avec des coupures d’électricité quotidiennes, un manque d’eau potable et des soins de santé publics limités.

La monnaie s’est effondrée et le Liban a fait défaut sur sa dette en mars. Les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) sur un plan de sauvetage de 10 milliards de dollars sont au point mort.

Il est à craindre que l’effet de l’explosion sur l’économie n’aggrave considérablement les perspectives de reprise.

Le ministre de l’Information, Manal Abdel Samad, est quant à lui devenu le premier ministre à démissionner à la suite de l’explosion. Elle a cité l’incapacité du gouvernement à mener des réformes et la “catastrophe de Beyrouth” comme raisons de son départ.

Qui a promis quoi?
Parmi les promesses faites lors du sommet figuraient:

Union européenne – 30 millions d’euros supplémentaires (35 millions de dollars, 27 millions de livres sterling), en plus des 33 millions d’euros promis plus tôt
Royaume-Uni – 20 millions de livres supplémentaires; Programme d’aide de 5 millions de livres annoncé plus tôt cette semaine
Allemagne – 10 millions d’euros; 1,5 M € plus tôt
France – matériel de reconstruction, aide médicale et alimentaire
Espagne – pour envoyer du blé, des abris, des fournitures médicales
Suisse – 4,38 millions de dollars
US – 15 millions de dollars jusqu’à présent
Qatar – 50 millions de dollars
Koweït – 40 millions de dollars
Danemark – 20 millions d’euros
Norvège – 6,5 millions d’euros
Les Nations Unies ont déclaré que plus de 100 millions de dollars (76 millions de livres sterling) sont nécessaires à la fois pour l’aide humanitaire d’urgence, comme la nourriture et l’eau, et la reconstruction des infrastructures, y compris les hôpitaux et les écoles.

Le sommet a eu lieu en ligne en raison de la pandémie de coronavirus.

Le président Macron, s’exprimant depuis sa résidence d’été dans le sud de la France, a appelé à “une enquête impartiale, crédible et indépendante” sur la manière dont la catastrophe a pu se produire.

La France est l’ancienne puissance coloniale et M. Macron a été le premier dirigeant mondial à se rendre à Beyrouth dans les jours qui ont suivi l’explosion.

Mais le président libanais Michel Aoun a déjà écarté une enquête internationale.

Faisant allusion aux manifestations de samedi, le président français a déclaré qu’il appartenait au gouvernement “de répondre aux aspirations que le peuple libanais exprime en ce moment, légitimement, dans les rues de Beyrouth”.

Mais il a ajouté que ni la violence ni le chaos ne devraient prévaloir, ajoutant: “L’avenir du Liban est en jeu”.

Le président Trump a également rejoint le sommet et a fait écho aux appels en faveur d’une enquête transparente, affirmant que les États-Unis seraient en mesure d’aider, selon un communiqué de la Maison Blanche.

“Le président a appelé au calme au Liban et a reconnu les appels légitimes des manifestants pacifiques à la transparence, à la réforme et à la responsabilité”, indique le communiqué.

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