Prof décapité en France : Voici comment le terroriste avait déjà été signalé sur Twitter

Prof décapité en France : Voici comment le terroriste avait déjà été signalé sur Twitter. Quelques minutes après avoir décapité sa victime, Abdoullakh Abouyezidvitch A. a revendiqué son crime terroriste sur le réseau social.

C’est sur Twitter qu’Abdoullakh Abouyezidvitch A., 18 ans, l’assassin de Samuel Paty, un professeur d’histoire, à Conflans-Sainte-Honorine, a revendiqué son crime. Il est 16 h 55 ce vendredi 16 octobre quand le compte @Tchetchene_270 publie une photo de la tête du professeur d’histoire-géographie gisant au sol et le message de revendication du terroriste : « De Abdullah, le serviteur d’Allah, à Marcon (Emmanuel Macron, N.D.L.R.), le dirigeant des infidèles, j’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad, calme ses semblables avant qu’on ne vous inflige un dur châtiment… ». Quelques minutes plus tard, le propriétaire du compte donne l’identité de sa victime : « C’est mr paty. »

Comme l’a confirmé le procureur national antiterroriste, ce samedi 17 octobre, l’exploitation du téléphone du terroriste « a permis de retrouver dans le bloc-notes le texte de la revendication, enregistré à 12 h 17 ». Le terroriste n’a ainsi eu besoin que de quelques secondes pour ajouter la photo à son message de revendication puis le publier.
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Modifications du compte
Suspendu hier soir, le compte, dont l’administrateur se présentait sous le pseudonyme Al-Ansar (mot arabe pour désigner les « partisans », les compagnons du prophète de l’Islam Mahomet), a compté jusqu’à plus de 400 tweets ces dernières semaines. Il avait été ouvert en juin 2020. Sur le réseau social, le jeune homme publiait surtout des extraits du Coran. Il partageait aussi régulièrement des commentaires personnels sur la « mécréance de l’Etat saoudien », contre le projet de loi contre le séparatisme, ou récemment la condamnation par l’Iran de la republication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo. Parmi sa grosse centaine d’abonnés, de nombreux jeunes membres de la communauté tchétchènes dont certains faisant régulièrement référence à l’islam radical dans leurs publications. L’expédition punitive menée par des membres de la communauté tchétchène contre des dealers d’un quartier sensible de Dijon en juin dernier est également évoquée à plusieurs reprises par d’anciens followers du compte. Depuis vendredi soir et la révélation de l’identité du terroriste, plusieurs de ces utilisateurs ont d’ailleurs supprimé leurs comptes ou en ont modifié les paramètres afin d’en protéger le contenu.

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Abdoullakh Abouyezidvitch A., lui, semble avoir effacé la quasi-totalité de ses messages avant de passer à l’action. Outre sa revendication et la précision sur l’identité de sa victime, publiées dans les minutes qui ont suivi l’attaque, seuls deux messages étaient encore visibles sur le compte @Tchetchene_270 avant sa suspension par Twitter : un chant religieux guerrier et un message « La Tchétchènie est libre… ». Quelques semaines avant son passage à l’acte, il avait également modifié son profil. La phrase « Pas de femme en mention ni dm » avait été remplacée par le message « nous somme (sic) à Dieu et c’est à lui que nous revenons ».


Comptes plusieurs fois signalés
Le 27 juillet dernier, ce compte avait fait l’objet d’un signalement par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) en raison de propos antisémites publiés par son utilisateur. Selon nos informations, le message, qui avait été supprimé par le réseau social, qualifiait notamment les juifs de « peuple maudit ».

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Ce même compte avait également été repéré fin août suite à la diffusion d’un photomontage montrant une décapitation, détaille Médiapart. Le cliché, issu de la série télévisée turque « Diriliş : Ertuğrul », montrait un homme – ce dernier n’a pas encore été identifié – sur le point d’être décapité par le personnage central de la série, Ertugrul Gazi, le chef turc qui a fondé l’empire ottoman. Selon nos informations une procédure Pharos, la plateforme française de signalement des contenus et comportements illicites en ligne, avait aussi été lancée contre le compte le 30 juillet dernier.

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