Retour de Gbagbo: Comment empêcher les miliciens et microbes d’être de la partie

Retour de Gbagbo: Comment empêcher les miliciens et microbes d’être de la partie. Pour sûr, le retour prochain du président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, continue de faire des vagues, au regard des réactions qu’on continue d’enregistrer. Si pour ses partisans, il n’y a aucun doute sur le format de l’accueil qui lui sera réservé, ses adversaires non plus ne démordent pas, pour que cet accueil soit des plus sobres et qu’il rentre dans son pays en « catimini ».

Après le directeur exécutif du RHDP, M. Adama Bictogo, qui découvre maintenant la douleur qui étreint les victimes de la crise postélectorale de 2010, douleur qu’il faut respecter et pour laquelle, il serait prêt à organiser des contre-manifestations, après la jeunesse du RHDP qui affirme qu’un accueil grandiose au président Laurent Gbagbo équivaudrait à une provocation, c’est au tour de l’auguste Chambre des Rois et Chefs traditionnels de Côte d’Ivoire de se joindre à ceux qui ne souhaiteraient pas un accueil grandiose à l’ancien chef de l’Etat, en déclinant l’invitation à lui faite par la direction du FPI. Ce refus, ne saurait surprendre les observateurs avertis du paysage politique du pays.

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Cette chambre, fut l’une des premières à solliciter l’actuel chef de l’Etat à l’effet de briguer un troisième mandat illégal et anticonstitutionnel. Elle a en outre demandé aux ivoiriens d’accepter ce troisième mandat illégal sous le fallacieux prétexte de préserver la paix et la cohésion sociale. De ce fait, une autre réaction de sa part aurait été fort surprenante. Mais point n’est besoin d’en faire un drame. Si ces rois et autres chefs traditionnels ne se sentent pas concernés par l’arrivée du président Laurent Gbagbo, ce qui est leur droit le plus absolu, le réconfort, c’est qu’ils n’ont aucune emprise sur leurs « sujets » au point de les contraindre à adopter la même posture qu’eux.

Par ailleurs, dans l’argumentation des tenants du pouvoir quant à leur volonté de limiter le format de l’accueil au président Gbagbo au strict minimum, un fait revient de façon récurrente : la référence à M. Alassane Ouattara. Ainsi pour le directeur exécutif du RHDP, Adama Bictogo, quand M. Ouattara rentrait d’exil en 2003 (anachronisme historique), les autorités d’alors avaient refusé qu’un accueil grandiose lui soit réservé. Cette contre-vérité a été battue en brèche par une vidéo montrant le retour triomphal du président du RHDP en 2001, où l’on a même aperçu M. Bictogo à l’aéroport. Lui emboîtant le pas, le ministre Adjoumani reconnait qu’en 2001 l’accueil réservé à leur mentor de retour d’exil fut grandiose, mais ce même format a été refusé à M. Ouattara en 2006.

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A l’observation, pour messieurs Bictogo et Adjoumani et certainement pour de nombreux militants de leur parti, tout se résume en M. Ouattara. Tout commence par lui et tout finit par lui. C’est lui « l’unité de mesure et de référence » du format d’accueil que peut recevoir un ivoirien dans son pays! Mais si au sein de la formation politique de messieurs Bictogo et Adjoumani, cette conception moyenâgeuse qui frise le culte de la personnalité prospère, il est véritablement indécent de vouloir l’extrapoler à toute la Côte d’Ivoire. Ce n’est pas parce que M. Ouattara n’a pas eu droit à un accueil délirant, que cela doit être interdit à tous les autres ivoiriens ! Comme le souligne Blaise Lasme de la JFPI, certains des nôtres gagnés par l’ivresse du pouvoir, croient pouvoir et devoir moduler nos joies, nos peines et nos comportements en fonction de leurs humeurs et de leurs états-d’âme.

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Il est tout aussi vrai qu’ils ont aujourd’hui la gestion de l’Etat, mais les partisans du président Laurent Gbagbo ne demandent rien d’autre à l’Etat ivoirien que d’assurer son rôle régalien d’encadrement et de sécurité des foules, à l’effet d’empêcher les miliciens et autres « microbes » d’être de la partie. Il ne sera sollicité ni bus de transport, ni RIZ, ni HUILE, ni DEUX MILLE FRANCS, ni PAIN (RHDP)…le RHDP ne sera donc pas sollicité ! Alors mettons-tous balle à terre, car il a été dit que le « « barrissement » d’un lion ne peut effrayer quelqu’un qui est né sous le tonnerre », tout comme le coassement des grenouilles, n’empêche pas l’éléphant de boire à la mare. Soyez donc sans crainte, s’il y a eu un matin en Eburnie, il y aura assurément un soir et l’ivraie sera séparée du vrai. Les vagues peuvent continuer…

*NAZAIRE KADIA, Analyste politique*

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