Retour de Gbagbo: le gouvernement ivoirien prend une décision audacieuse

Retour de Gbagbo: le gouvernement ivoirien prend une décision audacieuse. Le climat politique en Côte d’Ivoire est en pleine ébullition. Le débat sur le retour proche de l’ancien président déchu, Laurent Gbagbo occupe le débat politique à Abidjan et le gouvernement veut bien jouer sa partition.

Citant une source gouvernementale le journal « Le Monde » révèle : « De source gouvernementale, on affirme que « les aspects politiques d’ensemble et d’éventuels obstacles politiques et juridiques » ont été levés, mais que « l’aspect pratique et opérationnel du retour de Laurent Gbagbo est désormais du ressort des ministères de l’intérieur et de la réconciliation nationale ».

L’exécution de la condamnation prononcée le 19 janvier 2018 contre Laurent Gbagbo est le levier du combat de Diaby Issiaka, président du Collectif des victimes en Côte d’Ivoire (Cvci), multipliant les appels à l’endroit du procureur d’Abidjan, afin qu’il mette le grappin sur l’ancien chef de l’État, dès sa descente d’avion, pour l’envoyer à la Maison d’Arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). « J’appelle les victimes à prendre d’assaut l’aéroport pour dire non à un accueil triomphal à Laurent Gbagbo et exiger l’exécution de la décision de condamnation », a martelé Issiaka Diaby, le mardi 1er juin 2021, lors d’une conférence de presse, au Plateau. Le gouvernement vient ainsi de lui couper l’herbe sous les pieds.

« Je ne réponds pas à Issiaka Diaby. Il peut faire ce qu’il veut mais moi qui vous parle, je suis aussi victime », a déclaré le Secrétaire général du Front populaire ivoirien (Fpi, pro-Gbagbo), Dr Assoa Adou, interrogé par le journal Le Nouveau Réveil, jeudi 3 juin 2021, relativement aux menaces proférées par Issiaka Diaby.

Le gouvernement prend une décision capitale pour Gbagbo

Définitivement acquitté par la Cour pénale internationale (Cpi) de crimes contre l’humanité dans la crise post-électorale qui aurait fait 3 000 morts, l’ancien président peut désormais revenir au pays « quand il le souhaite », avait déclaré le président Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo se prépare donc à revenir dans son pays après dix années d’exil carcéral, le 17 juin 2021, comme annoncé par Assoa Adou.

Le ministre de la Réconciliation et de la cohésion nationale, Kouadio Konan Bertin dit KKB s’est personnellement impliqué dans un retour apaisé de l’ancien chef de l’État en Côte d’Ivoire. Il faut dire que l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, et trois de ses anciens ministres, accusés d’avoir forcé les portes de l’agence d’Abidjan de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), pour obtenir des liquidités en janvier 2011, en pleine crise post-électorale, ont été condamnés à 20 ans de prison sans mandat de dépôt et à 329 milliards de F Cfa de dommages et intérêts. Il s’agit de Joseph Marie Aké N’Gbo (ancien Premier ministre), Justin Koné Katinan (ancien ministre du Budget et porte-parole de Gbagbo), Désiré Dallo (ancien ministre de l’Économie et finances), tous poursuivis pour «vol en réunion par effraction, portant sur des caves à l’Agence nationale de la Bceao (Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest), et des numéraires; complicité de vol en réunion, par effraction; destruction d’une installation appartenant à autrui; détournement de deniers publics ». Le tribunal avait lancé un mandat international contre l’ex-président, Laurent Gbagbo (détenu depuis alors à la Cour pénale internationale -Cpi-à La Haye) et son porte-parole Koné Katinan (en exil au Ghana), tous deux jugés par contumace. Justin Katinan Koné est rentré en Côte d’Ivoire, le vendredi 30 avril 2021, et n’a pas été inquiété par la justice, bénéficiant de la loi d’amnistie d’août 2018. Il en sera de même pour Laurent Gbagbo.

Pour rappel, en pleine crise post-électorale en 2011, l’Union économique monétaire ouest africaine (Uemo), qui ne reconnaissait que la victoire de Ouattara à la présidentielle d’octobre 2010, avait interdit toute transaction financière avec le pays. En réaction, le gouvernement de Gbagbo avait réquisitionné la Bceao. Mais, la banque centrale n’a jamais porté plainte. C’est pourquoi, l’irruption des victimes de Côte d’Ivoire dans ce dossier est diversement interprétée.

En tout état de cause, les partisans de Laurent Gbagbo maintiennent leur mot d’ordre de mobilisation du 17 juin, pour accueillir leur leader qui rentre en Côte d’Ivoire, avec sur la tête, une couronne de triomphateur de la Cpi, mais aussi du pouvoir d’Abidjan…

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