Zahia nue: Comment le mannequin influence la

Zahia nue: Comment le mannequin influence la “prostitution 2.0”. Un pavillon éreinté, dans une ruelle sombre au cœur d’Aubervilliers. Deux femmes sirotent une vodka autour d’une table en plastique, dans une cour grillagée qui tient davantage de la casse que du jardin d’agrément. À l’intérieur, une cabine de douche plantée au milieu d’une cuisine crasseuse, un matelas jeté à même le lino usé.

Toute nue en terrasse, sous le soleil : Zahia Dehar profite ! La bombe embrase les réseaux sociaux avec une photo d’elle en tenue d’Eve. Elle publie également d’autres images dans des looks, comme toujours, ultrasexy…
La course au titre de star la plus sexy de la planète se joue essentiellement sur les réseaux sociaux ! Zahia Dehar y régale plusieurs milliers de followers avec ses photos torrides. Elle en a publié une nouvelle, sur laquelle elle pose entièrement nue sous le soleil, pour un bronzage intégral.

“J’avoue, c’est ghetto ici !”, rigole Samira*, 35 ans. Dans le milieu, on la surnomme “Tata Pognon”, autant pour son amour décomplexé de l’argent que pour son redoutable sens des affaires. Un solide mètre quatre-vingts, des oncles fichés au grand banditisme et un séjour à Fresnes pour vol et violence ont assis sa légende. Pourtant, rien ne prédestinait celle qui fut un temps secrétaire d’accueil à jouer un jour les mères maquerelles.

“Si quelqu’un m’avait dit que je ferai tapiner des filles, je lui aurais probablement cassé la gueule”, convient-elle quand on lui demande si elle se rêvait, plus jeune, en Madame Claude des quartiers. Samira parle au contraire du “dégoût” que lui inspiraient ces ombres vacillantes perchées sur leurs talons qu’elle croisait sur les boulevards Maréchaux de Paris en rentrant de boîte de nuit. Il y a trois ans, l’une d’elles s’est approchée, en larmes.

Dans la pâleur de l’aube, Samira a découvert un visage démoli pour un coin de trottoir. “Elle s’appelait Salma, elle venait de se faire massacrer par des mecs de l’Est. Je lui ai payé un café. Elle m’a demandé de la protéger.”


Le soir même, Samira faisait ses premiers pas de proxénète, campée sur le bitume à quelques mètres de sa protégée, un revolver en poche. “J’ai fait du nettoyage : j’ai viré les autres putes qui lui piquaient ses clients et j’ai calmé les macs trop gourmands.” Salma devient sa première “fille”, qui lui en amène d’autres. Le bouche à oreille fait le reste.

Au fil du temps, Tata Pognon se taille une solide réputation en prenant sous son aile toutes les cabossées de la prostitution : des jeunes filles débarquées du bled qui cherchent à s’arracher à des réseaux violents ; des travestis maghrébins, traumatisés par les passes au bois de Boulogne, devenu un coupe-gorge ; des professionnelles aguerries et des débutantes fragiles, maltraitées par leurs macs.

À toutes, elle propose le même deal : logistique et protection, contre la moitié des gains. Tata Pognon assure ne jamais faire travailler plus de quatre filles en même temps afin de pouvoir “bien s’en occuper”. Et refuser les mineures : “C’est ma limite. J’ai une fille de 15 ans.” Des critères qui ne l’empêchent pas d’empocher jusqu’à 5000 euros les bons week-ends.

Un flingue ou un extincteur pour les indociles
Depuis quelques années, la prostitution classique a de la concurrence. Elle ne se cantonne plus à certains quartiers bien identifiés et ne concerne plus seulement des professionnelles de longue date ou des étrangères venues d’Europe de l’Est ou d’Afrique. Elle séduit de jeunes Françaises qui ont troqué trottoirs et hôtels pour des petites annonces sur Internet et des appartements loués sur Airbnb. “Les hôtels, c’est trop grillé aujourd’hui”, explique Tata Pognon, qui privilégie les locations de courte durée. Pendant les passes, elle reste dans le salon à fumer des cigarettes, un flingue ou un extincteur à portée de main pour mater les clients indociles.

“J’en ai déjà sorti du lit à coups de pied, ou enfermé d’autres qui ne voulaient pas payer”, explique-t-elle. Samira et ses “bosseuses”, comme elle les appelle, turbinent un peu partout. Aux beaux jours, elles font des tournées d’une semaine dans une ville de province.

En semaine, elles s’installent dans des appartements du côté de Villepinte, à proximité de l’aéroport. Le weekend, elles organisent parfois des soirées jacuzzi du côté de la porte de Versailles. Certains soirs, comme celui-là, elles se retrouvent dans des taudis, où elles accueillent majoritairement des clients venus des banlieues proches de Paris.

Advertisement

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici